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03 mars 2008

Une école incendiée à la Grande-Borne

Mardi soir, des casseurs ont mis le feu à une classe de l'école du Buffle. Une attaque qui survient après l'agression de policiers et la diffusion d'un appel à témoins dans la cité.

DES TABLES d'écoliers carbonisées et des murs couverts de suie. Hier matin, devant les décombres de l'incendie qui a ravagé une classe de l'école du Buffle, au coeur du quartier de la Grande-Borne, à Grigny le maire de la ville ne parvient plus à retenir sa colère. « C'est un acte scandaleux ! Cet équipement est indispensable à la population et à l'éducation des enfants », s'insurge Claude Vasquez (PC), qui a interpellé le préfet pour tenter de retrouver les auteurs des dégradations.

Car, selon les premiers éléments de l'enquête, l'incendie serait d'origine criminelle. Le montant des dégâts est estimé à 50 000 €.

Peu après minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, des individus se seraient introduits dans l'enceinte de l'école élémentaire et auraient mis le feu à l'une des salles, destinée au jeu et au soutien des élèves. Un local déjà incendié lors des émeutes de novembre 2005.

Une dizaine de sapeurs-pompiers et plusieurs patrouilles de police sont dépêchés sur place. L'incendie est maîtrisé suffisamment vite pour empêcher sa propagation. Au final, seule une pièce du bâtiment est détruite. « Ça ne m'étonne pas qu'ils aient fait ça. Il y a déjà eu des agressions d'enseignants. Ce qui me révolte, c'est de s'en prendre maintenant aux écoles, le lieu du savoir et de l'instruction. Ces gens n'ont plus aucune valeur », fulmine Reine-Claude Lafry, membre de l'association de parents d'élèves de Grigny, Ensemble, créée dans la foulée du mouvement Stop la violence, qui dénonce les brutalités commises dans les écoles de la ville.

« On s'est habitués à voir des problèmes comme ça. Ça ne nous inquiète plus. En revanche, pendant les grosses émeutes, on a peur, comme dimanche dernier », avoue Dzeu, 15 ans.

Ce jour-là, de violents affrontements ont éclaté à la Grande-Borne après l'attaque de la boulangerie le Fournil, à Viry-Châtillon. Une quarantaine de jeunes ont tiré sur les policiers. Bilan : cinq blessés par des plombs, côté fonctionnaires. Dès mardi, 160 membres des forces de l'ordre distribuaient dans la cité des tracts appelant les riverains à témoigner.

Pour l'heure, à l'école du Buffle, les agents de nettoyage tentent de remettre de l'ordre. Objectif : pouvoir accueillir les enfants lundi prochain lors de la rentrée scolaire. « Nous allons essayer de transférer des petits groupes dans l'école Autruche, juste à côté, confie Claude Vasquez, qui espère que l'école pourra rouvrir ses portes normalement. »

Appel à témoins à la suite des agressions survenues dimanche 2 mars à la Grande-Borne : toute personne peut contacter anonymement la sûreté départementale au 01.69.13.63.31.

Source : Le Parisien